À quand un système de santé universel et mixte au Québec ? | 17 septembre 2018

À quand un système de santé universel et mixte au Québec ? | 17 septembre 2018

Date de publication : 17 septembre 2018

À quand un système de santé universel et mixte au Québec?

Yanick Labrie, porte-parole du CEPSEM, Conseil des entreprises privées en santé et mieux-être*

 

Alors que la campagne électorale bat son plein, les promesses en matière de santé des différents partis se multiplient. Chacun souhaite, bien entendu, convaincre la population qu’il sera en mesure de mettre un terme aux fameuses listes d’attente dans le réseau public, son talon d’Achille. Jusqu’à présent, les partis se sont toutefois montrés réticents à mettre de l’avant une solution qui récolte de plus en plus d’appuis au sein de la population : la liberté de choisir son prestataire de soins, qu’il soit public ou privé.

S’inspirer des expériences étrangères

De nombreux autres pays développés font place au libre choix en santé depuis longtemps, avec des résultats probants. En Angleterre, par exemple, les médecins doivent depuis 2004 offrir obligatoirement à leurs patients au minimum quatre options d’établissements de santé pour leurs traitements, dont au moins une du secteur privé. Les patients n’optent plus nécessairement pour l’hôpital de proximité, mais orientent désormais leurs choix en fonction des délais d’attente et de la qualité des soins offerts dans les différents établissements.

En Suède, on a également introduit dans la législation ces dernières années le principe de liberté de choix des patients, autant pour les soins primaires, les soins hospitaliers que ceux de longue durée. Environ 17 % des soins de santé sont fournis par des établissements privés, même si le financement demeure quasi entièrement public. Tous les Suédois peuvent s’y faire traiter, peu importe leur niveau de revenu, et les frais sont pris en charge par l’État.

Au Danemark, où le système public est aussi universel, se faire soigner dans le secteur privé est possible lorsque les délais d’attente sont trop longs depuis l’instauration d’une garantie d’accès en 2007. Ainsi, tout patient qui n’est pas en mesure d’être traité par le réseau public dans les 30 jours suivant la date de référence par le médecin peut choisir de se faire soigner dans un hôpital privé ou dans un hôpital à l’étranger sans qu’il ait à débourser un seul sou de sa poche. La mise en concurrence des fournisseurs les force ainsi à offrir des services plus accessibles et de meilleure qualité.

La Finlande n’est pas en reste. Le ministère de la Santé de cet autre pays scandinave dont on aime bien s’inspirer a récemment proposé d’emboîter le pas. Les Finlandais pourront désormais miser sur un large éventail d’options de fournisseurs de services de santé, publics et privés, et le financement public suivra… le client!

Équité et efficacité peuvent aller de pair

Ce qui importe aux yeux des Québécois, c’est que personne n’ait à débourser de sa poche et que tous, riches comme pauvres, aient un accès égal aux soins, peu importe le lieu où ils sont offerts.

Les pays européens nous montrent qu’un système public peut maintenir les principes d’universalité et d’équité dans l’accès aux soins, tout en misant sur un éventail diversifié d’offreurs de services. À quand une telle approche empreinte de bon sens au Québec?

À propos de Yannick Labrie Yanick Labrie est économiste et consultant en politiques publiques. Il est également chercheur associé au Canadian Health Policy Institute de Toronto et Senior fellow de l’Institut Fraser de Vancouver. Biographie